
La composition de l'année:
Un petit tableau (lâchement recopié d'un document de la scolarité) simplifiera l'explication...
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| Droit Civil (36 h) | Institutions Administratives (20h) | Droit Civil - TD (18 h) |
| Institutions Politiques et Droit Constitutionnel (36 h) | Introduction Historique aux Etudes Politiques (20 h) | Institutions Politiques et Droit Constitutionnel - TD (18 h) |
| Histoire des institutions publiques (36 h) | Economie (coefficient 2) | Histoire des institutions publiques - TD (18 h) |
| Note finale pour chaque matière: 2/3 Cours Magistral + 1/3 TD | Langues (Anglais, Allemand, Espagnol) |
| Droit Civil (36 h) | Droit Civil - TD (18 h) | Relations Internationales (25 h) |
| Institutions Politiques et Droit Constitutionnel (36 h) | Institutions Politiques et Droit Constitutionnel - TD (18 h) | Institutions Européennes (25 h) |
| Institutions Politiques et Droit Constitutionnel (36 h) | Histoire des institutions publiques - TD (18 h) | Langues |
| Introduction à la Théorie du Droit (25 h) | ||
| Note finale pour chaque matière: 2/3 Cours Magistral + 1/3 TD |
Comme vous pouvez le voir, la matière "Civil"
par exemple, est saucissonnée en quatre éléments,
que l'on retrouve dans quatre UE différentes.
L'UE1 fait ici figure d'exception
: pour chaque élément la note finale tient compte de l'examen
final (2/3) et du contrôle TD (1/3). Puis on effectue normalement
la moyenne des trois éléments. Tout ceci est en fait assez compliqué: on devrait donc vous l'expliquer en long et en large en début
d'année.
Vous noterez également
la présence d'un coefficient multipliant la valeur de l'élément
"Economie" par deux.
Et quelles différences entre "Enseignements fondamentaux", "Matières transversales de découverte", "Méthodologie"... ?
Voilà un classement qui me paraît assez artificiel. Voici l'histoire : avant une réforme récente, il y avait des matières (Droit civil, Droit constitutionnel, Histoire) à TD et d'autres matières, qui venaient enrichir la culture du jeune bachelier. La réforme a imposé le découpage (d'aucuns parleraient de "dépecage", mais c'est excessif...) en "semestres" (de quatre mois...) et Unités d'Enseignement. Alors on a posé des grilles qu'on a laborieusement remplies.
Le problème c'est que mathématiquement on peut très bien réussir l'UE4 sans avoir l'UE5 : ce qui veut dire qu'on a compris comment appliquer la méthodologie (sinon comment pourrait-on réussir l'UE4) mais qu'on n'a pas compris la méthode ! (puisque l'UE5 est supposée ratée). Cependant c'est un cas d'école... quoique. De même les langues se retrouvent d'un semestre sur l'autre catapultées du rang de "Méthodologie" à "Culture générale", s'il vous plaît ! De toute façon tout système génère des incohérences... ce qu'un bon juriste ne saurait oublier, si vous voulez mon humble avis!
Qu'y a-t-il derrière tous ces noms d'éléments ?
Ca, ce sont les professeurs qui sont le mieux à même de l'expliquer. Je mettrais bien mes cours en ligne... mais je risquerais alors de sérieux problèmes judiciaires ! Je peux tout de même avec mes pauvres mots donner une humble et pragmatique (du moins du point de vue de l'étudiant) vision de chaque matière.
A tout seigneur, tout honneur, commençons par le droit civil. C'est en quelque sorte la matière la plus juridique de la première année, autrement dit celle qui se rapproche le plus de l'image du droit répandue dans le public. En première année à Rennes, on y trouve, grossièrement, des généralités sur le droit, suivies du cours sur "la personne" et "la famille" : comment définit-on une personne, ses attributs, le mariage, le divorce, la filiation (légitime, naturelle et adoptive), et bien d'autres notions que je vous laisse la joie de découvrir et d'approfondir ! C'est une matière très vivante dont les applications sont faciles à imaginer. On y découvre également les plaisirs du commentaire d'arrêt, ainsi que de la consultation (cas pratique). Le "civil" est pour la plupart des étudiants une matière totalement nouvelle.
Faire comprendre ce qu'est le droit constitutionnel est déjà plus difficile. Le nom est pourtant assez parlant : on y découvre les différentes manières d'organiser un Etat, et on approfondit le cas de la Constitution du 4 octobre 1958 (la nôtre !!!! :-) ). A cheval sur l'Histoire et l'actualité, cette matière peut paraître très politique mais ne doit surtout pas le devenir (en tout cas pas dans votre copie). Une bonne culture politique et historique reste néanmoins un très bon atout pour réussir en "consti", matière très "casse-gueule" à mon goût !
L'Histoire est en réalité l'Histoire des institutions publiques. Les cours que j'ai suivis s'attachaient essentiellement à l'Histoire de France, des Gallo-Romains à 1871 (en théorie !). Ce cours est assez proche des cours d'Histoire du lycée en le sens qu'il ne s'agit pas à proprement parler d'une matière nouvelle, mais d'une vision de l'Histoire de France sous un angle particulier. Evidemment, une bonne maîtrise de toute l'Histoire de France est un excellent avantage... les grosses erreurs de chronologie ne pardonnent pas à l'examen ! Une matière un peu "dépaysante"... donc très agréable dans la grisaille quotidienne !
L'Economie dit bien ce qu'elle est ! Trois profs différents assurent d'habitude cette matière. Je n'avais jamais fait d'économie auparavant : j'ai trouvé les cours très intéressants... malheureusement je n'ai pas tout très bien retenu ! Enormément de notions à acquérir, un travail systématique d'apprentissage par coeur indispensable, des fiches de "questions" à tenir très sérieusement : en bref une matière qui demande pas mal de travail, et surtout de la régularité. En revanche, il n'y a aucune difficulté sur le plan mathématique : c'est tout juste si deux ou trois dérivations se baladent par-ci par-là au début du cours (style f(x) = x ² ; f'(x) = 2x...)
Institutions administratives... deux mots qui vous laisseront songeur à la fin de l'année, je vous le promets ! Le Président de la République, le Premier ministre, le Sénat, le Conseil général, le déféré préfectoral, le contrôle de légalité des actes des collectivités locales, la déconcentration, etc. : autant de notions qui viendront danser la Samba dans votre tête au moment de l'examen final, pour s'emmêler joyeusement au moment où vous saisirez votre stylo. Même si c'est une matière un peu revêche, l'"IA" est néanmoins très intéressante quand on est comme moi ignorant de toute l'infrastructure politique et administrative de la France, et permet de lire le Monde en comprenant autre chose que le dessin de Plantu et la chronique de Pierre Georges !
Introduction historique aux études politiques : un nom bien compliqué pour l'histoire des institutions publiques françaises de 1871 à 1945 ! C'est un cours très utile pour le droit constitutionnel, et qui peut permettre de très bonnes conclusions en Histoire du droit. Personnellement j'ai trouvé ce cours littéralement passionnant, mais bon, les goûts et les couleurs... tout le monde n'a pas les mêmes lacunes ! Beaucoup de dates et de par coeur, tout de même, en "IHEP" !
Introduction à la théorie du droit, "IAD" ;-), "ITD". Avec le "civil" et le "consti", c'est l'une des matières les plus juridiques au sens commun du terme. C'est une matière de synthèse qui fait appel à des connaissances acquises en civil, en IA et en consti. Quelques connaissances sans lesquelles un étudiant en droit ne serait pas un étudiant en droit. Une matière qui compte moins de par coeur et un peu plus de réflexion que d'autres. La lecture d'un bouquin de la bibliographie peut être d'un grand secours si on ne "sent" pas l'exam.
Européen, Relations internationales. Cours sur les institutions européennes, et sur les relations internationales : très intéressants, très longs, un peu fastidieux à apprendre. Examen à surprise pour beaucoup : éviter de débiter son cours sans structure est une TRES bonne idée... même (surtout ?) si le sujet paraît simple. Permet de lire les pages "International" du Monde avec le cynisme nécessaire. Et d'envisager d'autres carrières juridiques que l'ENM !
Les TD. Trois TD sont obligatoires : consti, civil, histoire. Obligatoires
dans le sens qu'on ne fait pas de choix entre les matières, et aussi
parce que la présence est obligatoire : pas plus de deux absences
injustifiées ! La présence est strictement vérifiée.
Ne pas sécher les TD est donc en règle générale
un très bon calcul, d'autant que c'est là que l'on prépare
le mieux son exam'. Au passage : méfiez-vous lorsque vous séchez
les cours (qui, eux, ne sont pas obligatoires), parce que parfois le contrôle
de TD n'est annoncé qu'en cours. Alors, séchez si vous voulez,
mais assurez-vous qu'un ami y va, lui... sinon gare aux mauvaises surprises
(j'ai testé régulièrement pour vous, et ce n'est pas
drôle du tout... mais alors, pas du tout !).
Les TD demandent tous beaucoup de travail si on
fait les choses sérieusement. Et à peu près tout le
monde s'entend pour dire que le travail qu'on y fait et surtout leur préparation
sont fondamentaux. Alors, si vous voulez votre année, il faut vraiment
y jeter un coup d'oeil de temps en temps... Et ce n'est pas parce que le
chargé de TD ne ramasse pas les préparations qu'elles ne
sont pas utiles...
Les langues : c'est le seul choix à faire, entre trois langues : anglais, espagnol, et allemand. Une heure par semaine. Autant dire qu'avec un tel horaire, quels que puissent être les efforts des profs, on régresse forcément par rapport au niveau du bac. Si vous voulez vous maintenir ou progresser, il faudra travailler par vous-même...
Le tutorat. Le principe c'est qu'un étudiant expérimenté vient vous aider... à avoir votre année ! Le tuteur s'occupe d'une matière à TD (civil, histoire, consti...) dans le cadre d'un petit groupe, ou individuellement. C'est une autre ambiance que les TD, et tout dépend de vous : si vous avez des questions, que vous avez quelques points à éclaircir, que vous voulez des conseils d'ordre général, c'est là qu'il faut aller chercher la solution. Le tutorat peut aussi presque se transformer en TD bis, avec une ambiance plus propice à la participation pour certains. Certains chargés de TD ne corrigent que rarement vos copies, car ils sont débordés : aller montrer sa copie au tuteur peut être très gratifiant. Il y a toute une théorie sur l'efficacité du tutorat... à vous de voir ! Désormais le tutorat semble avoir lieu à l'entresol (sur le chemin de la Scolarité).
Le sport : je n'ai pas d'informations à ce sujet. A ma connaissance il n'est pas obligatoire.
NB : un certain nombre de matières se recoupent quelque peu, ce qui facilite l'apprentissage et diminue la masse à retenir.
